Les Créateurs: André Bathalon

Un seul coup d’œil à la carrière d’André Bathalon suffit pour constater qu’il éprouve une véritable obsession pour l’entreprenariat. Fraîchement diplômé en art, le jeune André lance sa carrière en grand en démarrant son propre studio d’animation. Moins de 5 ans plus tard, il affiche au monde entier son côté un peu nerd, étudie le commerce électronique au HEC, et lance sa propre boutique en ligne où il se voue à revendre des figurines d’animation. Son expérience porte ses fruits, et rapidement, il lance Karmatoys, une deuxième boutique en ligne.

Cependant, c’est avec l’âge que la maturité créative d’André envers l’art urbain commence à prendre sa pleine expansion. Il fonde, avec Yan Cordeau, Safewalls, un projet créé pour Cirque du Soleil où sont jumelées des affiches de cirque à des artistes de rue internationaux. Inspirés par leurs propres accomplissements, André et Yan fondent LNDMRK (lire Landmark), une agence de production artistique, avec leurs associés, Alexis Froissart and Nicolas Munn Rico, deux cerveaux créatifs de 10 ans leurs cadets. C’est à travers cette agence que le Festival Mural, qui a pour but de rendre l’art plus accessible, est conceptualisé et réalisé. Au cours de seulement trois ans, le festival a grandi de façon exponentielle, d’un simple événement de fin de semaine à une célébration complète étendue sur 11 jours. La troisième édition a d’ailleurs vu plus de 50 murales prendre forme et a accueilli plus d’un million de visiteurs.

André Bathalon

Comment grandit-on avec une dépendance pour l’entrepreneuriat?
« C’est drôle parce que je n’ai pas réalisé que c’était le cas avant Safewalls. Avec le recul, je vois bien que mon père est aussi un artiste et un entrepreneur, donc j’imagine que c’est dans mes gènes. Le truc avec l’entreprenariat c’est que nous pensons automatiquement au résultat final, et pas nécessairement au trajet qui se dessine. Pour Mural, si j’avais su tout le travail que cela impliquerait, je ne suis pas certain que je me serais lancé dans le projet. De toute façon, ces paramètres ne sont pas tellement important puisque tout ce qui compte est l’aboutissement du projet. »

Après 3 ans d’existence, le Festival Mural fait beaucoup de vagues sur la scène Nord-Américaine de l’art urbain. Comment a débuté le projet?
« Comme tous les autres projets, c’est partie d’une simple idée. Puis, nous avons commencé à rechercher les meilleurs endroits en ville pour accueillir notre projet, particulièrement dans les environs de Rosemont et du Mile-End. Un jour, au cours de l’été 2012, nous marchions sur St-Laurent et nous avons constaté les possibilités qu’offrait le boulevard. Nous avons alors proposé notre idée à la société responsable du développement du boulevard St-Laurent et ils se sont montrés très intéressés. Le directeur général, Glenn Castanheira, avait déjà été propriétaire d’un restaurant sur lequel une murale avait été peinte. En tant que témoin direct de l’impact positif que peut avoir l’intégration de l’art de rue sur les passants et sur la communauté, il s’est dit : ‘Si un seul mur peut avoir autant d’impact, imaginez 20 murs!’ Nous avons reçu l’approbation finale pour le projet en février 2013. »

Donc techniquement, vous ne disposiez que de 4 mois pour produire l’événement en entier. Comment vous y êtes-vous arrivés?
« Nous nous sommes demandés: ‘Comment pouvons-nous avoir l’équivalent de 8 mois de travail en quatre mois seulement? En travaillant deux fois plus!’ Nous étions un peu naïfs, mais je crois que c’est ce qui pousse les gens à se lancer en affaires ou à créer des projets d’envergure. N’importe qui peut avoir une idée, mais c’est de la mettre à exécution qui fait peur aux gens. C’est quand on se dit: ‘Oh, une seconde; c’est vraiment en train de se produire!?’ C’est à ce moment-là que nous avons décidé de nous commettre à 100% et de faire le plus de bruit possible, autant localement qu’au niveau international, pour être bien certain qu’il y aurait une deuxième édition. »

André Bathalon

La croissance entre la première et la troisième édition est phénoménale! Sachant que l’art de rue au Canada n’était peut-être pas aussi populaire et accessible qu’ailleurs dans le monde, avez-vous été surpris de la réception des gens? Croyez-vous qu’ils étaient enfin prêts pour ce genre de festival?
« Les gens aiment l’art donc je ne m’attendais pas à ce qu’ils nous lancent des tomates ou qu’ils rejettent le projet, mais j’ai été étonné de voir des gens venir nous remercier pour ce qui se passait dans leur quartier. J’étais complètement dépassé: ce qui a débuté dans mon salon n’était maintenant plus seulement mon projet, c’était le projet de tous. L’art a un certain pouvoir et si on s’y attarde un peu, il y a toujours une façon pertinente de rendre quelque chose accessible. »

L’avenir semble plus que prometteur pour le Festival Mural. À quoi pouvons-nous nous attendre en 2016?
« D’abord, nous avons décidé d’embaucher un directeur général afin que nous puissions prendre un peu de recul face aux opérations. Nous voulions avoir quelqu’un en charge de maintenir la vision du festival pendant que nous nous attardions à faire évoluer l’événement. De plus, le concept de Mural sera transposé dans plusieurs ville canadiennes et nous travaillons avec différents partenaires internationaux afin d’exporter l’ADN complète du festival dans d’autres pays. 2017 sera aussi une année importante, notamment pour Montréal qui fêtera son 375e anniversaire, et nous travaillons sur quelque chose de bien spécial pour cette édition. »

Plusieurs personnes disent de vous que vous être un véritable hustler, notamment Maxime Charron, un producteur et votre ami de longue date. Êtes-vous d’accord?
« Ha Ha! Je l’entends dire ça! En quelque sorte, je crois que oui. C’est facile d’être un hustler si on croit en ce qu’on fait et qu’on est sincère. Il faut continuellement se fixer de nouveaux objectifs. »

En savoir plus sur André
Instagram : @bathalon / @muralfestival
MURAL festival : http://muralfestival.com/?lang=en

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