Esprit de conquête avec: Martin C. Pariseau

Un réalisateur montréalais qui vaut la peine d’être découvert

Il y a encore que quelques années, Martin débutait dans le milieu avec une caméra 35mm. Ses amis étaient ses sujets. Puis, sa carrière en tant que réalisateur a réellement pris forme suite à la réalisation de sa toute première vidéo Tony Hawk pour les Dead Obies. Immédiatement après sa sortie, la vidéo a reçu beaucoup d’attention. Inévitablement, les Dead Obies ont signé un contrat d’enregistrement et Martin, quant à lui, reçoit un appel d’une maison de production. La prochaine étape? At All de Kaytranada, fait avec un budget de 1000$ et une caméra. Maintenant représenté par Cinélande  et Caviar London, c’est un nouveau départ pour Martin qui entre dans la scène créative de Montréal en tant que réalisateur.

Il gagne le prix Prism de 2017, décerné à la meilleure vidéo canadienne de l’année, avec LITE SPOTS  de Kaytranada, qui met définitivement son nom sur la mappe.

Jusqu’à maintenant il a collaboré avec des artistes de tous les spectres: Coeur de Pirate, The Posterz, Ryan Hemsworth, Loud Lary, Allan Kingdom, etc.

Martin se garde occupé. Il développe présentement une série Viceland, des publicités pour des petits gâteaux qui rappellent notre enfance et naturellement, il continue à produire des vidéoclips.

Chacun a des passions qui l’anime de manière différente. Ce que nous cherchons à découvrir avec la série d’articles «À la rencontre », c’est comment la quête du succès guide chacun différemment. C’est intéressant de voir comment l’ambition nous guide à vouloir constamment s’améliorer et repousser ses limites.

À travers une conversation avec Martin, on découvre un homme dont le feu interne est motivé par les histoires des autres.

Des histoires qui ont du vécues

Ce qui est intéressant dans les vidéos de Martin c’est son angle d’approche. Il décide de mettre de l’avant des éléments que la plupart des rappeurs ne font pas. Il préfère démontrer le monde intérieure de l’artiste au lieu de se limiter à présenter seulement la façade de son travail qui d’un oeil extérieur peut sembler ludique. En d’autres termes, il s’efforce à présenter une facette de ces personnes que la plupart ne dévoile jamais, leur monde intérieur.

« Pour moi, ce n’est pas nécessairement intéressant de démontrer quelque chose qu’on connaît déjà tous. J’essaie de chercher les gens davantage dans leur inner core, qui ils sont vraiment finalement. Comme ça tu peux créer une plus grande proximité avec l’artiste, puis tu as l’impression de le connaître et de faire quelque chose non seulement plus pertinent, mais surtout honnête. Même si souvent j’essaie d’incorporer certains éléments un peu magiques, des situations pas possibles comme un char  flottant dans l’eau, il y a encore toute une métaphore de changement, de rupture avec le passé. La fiction peut souvent t’apporter plus proche de la réalité.»

-Référence à Loud Lary

Trouver l’essence de chaque artiste

Martin cherche à repousser les limites, à voir plus loin que la première impression. En d’autres mots, les vraies émotions et le non-dit,  que ces personnes qui ont «réussi» ressentent. Rien n’est parfait. Et c’est essentiellement de ces imperfections et ces émotions brutes que Martin se nourrit pour produire.

Cette révélation et exploration de thèmes telle que la solitude, nous permet d’avoir un aperçu des coulisses de l’artiste. Cela nous permet de percevoir ces artistes, que l’on nomme souvent de « superhumain », sous un autre oeil. Ils deviennent davantage authentiques.

Son processus créatif

Créer un récit c’est imaginer un mélange parfait que l’on espère va marquer les gens. Martin va au delà de la mode du moment, il veut simplement que les gens soient touchés par l’imagerie qu’il crée à travers son « storytelling ».

Premièrement, la chanson il faut que je l’aime. Je peux l’écouter 150 fois, au point que je pense que c’est autant leur chanson que la mienne. Ensuite, je leur demande ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas puis j’essaie de construire un scénario où ils vont briller autant que leur musique.

La vision du concept viendra de lui, mais « l’artiste reste  vraiment proche et sans sa tune il n’y a pas de concept ». Martin guide le navire mais l’artiste est à bord et prend parfois le contrôle du volant afin d’ajuster la direction si nécessaire. Ce processus lui permet de « bâtir avec cette personne ».

Deuxième étape?

Martin se dit être inspiré par « tout » ce qui l’entoure.

« Ce sont mes amis, mes amours, ce sont les gens autour de moi. Il y a beaucoup de gens vraiment inspirants à Montréal. »

Parfois, ses idées lui viennent naturellement et la vision est claire. À d’autres moments, il lui faut quelques jours pour conceptualiser et clarifier le cœur, l’essence de ce qu’il veut divulguer.

« Je doute toujours de mes décisions et j’essaie toujours de challenger ce que j’écris, et conceptualise. J’essaie toujours de réinventer.»

Chaque plateau de tournage, établissement, environnement possède une ambiance unique, qui peut être une source d’inspiration pour la création. Même si tout est préparé à l’avance, les choses vont rarement selon le plan pré-établi.  Plusieurs éléments sont hors du contrôle du réalisateur. C’est pourquoi le Directeur doit faire preuve de flexibilité.

Comment il a trouvé son essence personnelle en tant qu’artiste

Le temps fut son ingrédient secret afin de découvrir son style personnel. En regardant maintenant ses vidéos passées, il dit qu’il les aurait certainement faites différemment. Néanmoins, il croit que ces essais-erreurs ont fait parti de son processus personnel.Il s’est mis volontairement dans des situations où il a eu l’opportunité d’expérimenter, tester les eaux de son talent et voir ce qui a fonctionné pour lui. Et maintenant, ces vidéos sont un point de référence qui lui permettent de voir l’évolution de son travail.

« Je vois ma progression à travers ça et j’espère que la prochaine vidéo que je vais faire va être encore meilleure que la dernière. Ce que je remarque maintenant c’est qu’avec toutes ces essaies-erreurs là chaque vidéo n’avait pas de recipe que je savais qui allait fonctionner for sure. Je sais jamais si ça va marcher jusqu’au moment du shoot.»

‘Faked it ’til he made it’

« J’ai été chanceux. J’ai des gens qui m’ont donné des chances dès le début, puis avec ces chances là j’ai appris comment et où placer la caméra et de qui m’entourer.»

En ce qui concerne son évolution personnelle en tant qu’artiste, Martin croit avoir « faked it til he made it », ajoutant que « personnellement il savait qu’il l’avait », il s’agissait simplement de se prouver aux autres, afin qu’ils lui fassent assez confiance pour lui confier leur image personnelle.

Un video clip, une publicité, ils sont une extension  de l’image de  l’artiste ou de la marque et sera toujours associée à eux. C’est pourquoi les artistes sont prudents lorsque vient le temps de mettre leur image dans les mains de quelqu’un et de s’associer.

« Travailler en cinéma c’est engager des gens meilleurs pour faire des choses que tu ne peux pas faire. C’est basically être un maestro qui ne peut pas jouer du violon. Au bout du compte,  tu es vraiment là pour direct.»

La différence maintenant avec ses créations c’est qu’il a plus de gens dans son équipe  pour lui donner une coup de main. Ces gens le supporte et l’aide à atteindre ses buts.

Vivre de mots

« Si vous n’attribuez pas de valeur à ce que vous faites ou à ce que vous êtes, personne ne le fera pour vous.»

Revendiquer la possession de ses idées était sa porte d’entrée pour pouvoir vivre de sa passion: raconter des histoires.

Il a maintenant l’intention de déployer ses ailes pour sortir hors de son nid montréalais et passer du temps dans des destinations comme Londres -où il vient d’être recruté par Caviar – et Los Angeles. Ces voyages lui permettront de créer de nouveaux ponts d’influence qui inspireront son futur travail.

L’important, c’est qu’il s’efforce toujours davantage, pour le mieux: constamment à la recherche de nouvelles façons de continuer à brûler son feu interne à travers la narration de d’autres artistes.

Visionnez plus de ses projets sur son vimeo.

Martin on Instagram : @cpariseau

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